Sailor Twain ou la Sirène dans l’Hudson

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Mark Siegel est le directeur éditorial de First Second Books (basé à New-York), au catalogue apparemment sans faute : on y retrouve pêle-mêle Lewis Trondheim, Eddie Campbell, Jessica Abel, Joann Sfar, Emmanuel Guibert, Lat, etc. On lui doit aussi American Born Chinese de Gene Luen Yang, multi-récompensé à fort juste titre. Mark Siegel est aussi auteur ; on découvre chez Gallimard en ce début d’année sa première œuvre traduite en français (me semble-t-il) : Sailor Twain ou la Sirène dans l’Hudson. Et c’est très bon !

On est à la fin du XIXe siècle, sur la côte est des Etats-Unis. Elijah Twain est capitaine sur l’un des bateaux à vapeur qui sillonnent l’Hudson river. A son bord, on retrouve une faune particulière, notables locaux principalement. Parmi ces figures se distingue Dieudonné Lafayette, propriétaire de la Lorelei depuis que son frère ainé Jacques-Henri a mystérieusement disparu en mer.

En ce 25 mai 1887, jour de son trente-septième anniversaire, le destin de Twain va basculer. Alors qu’il erre sur le pont du bateau, il aperçoit une femme à l’agonie tentant de remonter de l’eau. Il se précipite, l’extirpe du fleuve et se rend compte que la jeune femme en question possède une queue de poisson. La sirène, puisqu’il faut bien s’y résoudre malgré l’hébétude, a été blessée par un harpon. Il l’emmène dans sa chambre, lui procure les premiers soins. Débute alors une grande histoire, faite d’amours contrariées, de mystérieuses disparitions et d’une mythologie propre à l’Hudson river

On retrouve dans ce récit, merveilleusement mené, pléthore de références à la littérature américaine du XIXe siècle. En premier lieu, bien sûr, Mark Twain : par le patronyme du héros, le machiniste Horatio, les bateaux à vapeur, mais surtout par l’approche quasi journalistique du contexte du récit. On peut aussi y voir l’influence d’Hawthorne pour la portée symbolique, voire occulte, mais aussi de Melville.

Mark Siegel a construit un récit à la croisée de plusieurs genres, mêlant drame, naturalisme, mystères. Dès l’entrée dans le cœur de l’histoire (le chapitre introductif étant peut-être un ressort un peu trop artificiel), on se laisse porter par les évènements sans jamais décrocher. La structure en chapitres courts rythme parfaitement l’ensemble. Structure probablement favorisée par la prépublication sur son blog durant toute l’année 2012 (prépublication gratuite il va de soi).

Sailor Twain est un véritable bonheur de lecture ! Conte dans l’Amérique du XIXe, on y croise le merveilleux et quelques figures tutélaires que sont Twain et Hawthorne. Le récit est rythmé à merveille et les crayonnés, alternant réalisme quasi documentaire (notamment dans le rendu des bateaux) et symbolisme, apportent énormément. Un beau coup de cœur !




Scénario & Dessins : Mark Siegel - Editeur : Gallimard - Récit complet.  



 
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