7 Shakespeares - Harold Sakuishi

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L’auteur du remarqué Beck, Harold Sakuishi, s’est mis en tête de revisiter un des grands mythes littéraires modernes : la supposée imposture de William Shakespeare. Pas qu’une croyance populaire, la thèse selon laquelle Shakespeare n’aurait jamais écrit ses pièces a connu d’ardents défenseurs. La question, si elle ne présente que peu d’intérêt littéraire, offre par contre une belle opportunité de se replonger dans l’œuvre shakespearienne et d’en comprendre l’époque.

On est en l’an 1600, à Londres, et Shakespeare commence à être connu de tous. La Reine, Elisabeth 1ère, assiste même incognito à la représentation d’Hamlet

Pourtant, la colère gronde autour du théâtre. Des révoltes éclatent, et les notables puritains ne sont pas loin de penser que les pièces de Shakespeare n’y sont pas étrangères. Le théâtre dépravant la jeunesse, inquiétant pour l’époque, illusoire pour la nôtre.

William Shakespeare reçoit un billet de félicitations de la Reine peu après la représentation ; il s’exclame alors : « Sa Majesté veut voir du Li ». Tout le premier tome consistera donc à en apprendre plus sur cette Li, immigrée chinoise et supposée auteure des pièces…

Partant donc d’une légende connue de tous, Sakuishi nous place d’emblée dans le cœur du problème en identifiant un premier nègre, ou tout du moins une première inspiratrice. Le prologue, lançant l’histoire et son contexte, est particulièrement réussi. C’est vivant, rythmé et suffisamment précis pour qu’on saisisse bien les enjeux autour du théâtre élisabéthain. Les ¾ du premier tome sont cependant consacrés à l’histoire de Li, qui se révèle nettement moins intéressante, trop quelconque et surtout trop éloignée des enjeux principaux.

Ce qui étonne en particulier dans le choix d’une jeune chinoise marquée par le destin pour incarner l’ombre de Shakespeare, c’est sa banalité. Les supposés nègres éminents se bousculent pourtant au portillon : Christopher Marlowe, Francis Bacon, la reine Elisabeth elle-même,… Et on ne peut s’empêcher de penser qu’en prenant un de ceux-là, le récit aurait été bien plus dense et passionnant. Cela viendra peut-être par la suite, après tout la série se nomme 7 Shakespeares

Les scènes sont bien construites et le dessin est attrayant, donnant dans un grand classicisme à la manière des séries animées des années 80. Seul petit écueil : des expressions très figées et des bouches béantes qui n’offrent pas une réelle palette de sentiments.

7 Shakespeares bénéficie d’un concept très plaisant et d’une bonne réalisation. Après un excellent prologue, on reste un peu sur notre faim avec l’histoire de Li, trop anodine au regard de ce que le titre pourrait proposer sur un tel sujet. La nouvelle série d’Harold Sakuishi n’en possède pas moins un réel pouvoir de séduction, servi d’ailleurs par un très bon travail éditorial de Kazé. L’histoire devra prendre une autre dimension dans le tome 2 pour confirmer cette bonne impression générale. C’est tout ce qu’on lui souhaite.



Scénario & Dessins : Harold SAKUISHI - Editeur : Kazé Manga - Série en cours - 1 tome.  
7 NIN NO SHAKESPEARE © 2010 Harold SAKUISHI / Shogakukan Inc.



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